Actus et Communiqués de Presse

15/03/2017

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BPCE l'Epargne : Les ménages entre désorientation et réaction face aux taux bas

Dans le cadre du rendez-vous trimestriel "BPCE L'Epargne", Alain Tourdjman a présenté une analyse des placements financiers des ménages en 2016.

Alain Tourdjman, directeur Etudes, Veille et Prospective à BPCE, a présenté à la presse, le 28 février, une étude sur le comportement de placement des ménages français. Il a livré un bilan de l’année 2016 et une analyse des premières tendances 2017. Sur le thème "Placements financiers des ménages en 2016 : désorientation et réaction des Français face aux taux bas", il a dressé plusieurs constats.
 
Un des taux d’épargne les plus élevés d’Europe

Conjoncturellement, dans un contexte de redressement du climat de confiance, les ménages manifestent une plus forte appétence à la consommation, même si le taux d’épargne reste en France l’un des plus stables et des plus élevés d’Europe. Il se maintient en effet autour de 15 %, malgré une inflation au plus bas depuis 30 ans.
Ces constats sont révélateurs d’une tension qui se dessine entre l’aspiration à bien-vivre à court terme et la volonté de se sécuriser à long terme. "Les ménages ne sont pas dans une logique d’épargne de précaution, mais dans une logique d’épargne d’anticipation", a souligné Alain Tourdjman. Ils anticipent la longue vie avec ses problématiques de retraite et de baisse des revenus futurs, d’études des enfants, de recul du niveau de protection sociale… Pour se prémunir à long terme, les Français privilégient une stratégie patrimoniale à une stratégie assurantielle.
 
Une forte aversion aux risques
Mais les placements financiers des ménages ne sont pas à l’image de leur comportement d’épargne. "Les actifs risqués sont toujours tenus à distance, l’aversion au risque reste très forte. Les placements de titres sont très minoritaires alors que les flux hors titres se sont redressés depuis 2015 et se maintiennent à un niveau significatif en 2016", a-t-il noté notamment.

Dans le total des placements financiers, quels ont été les principaux flux ? Les dépôts à vue (DAV) restent à un très haut niveau, avec 30,9 milliards d’euros (Md€) sur un total de 50 Md€ de collecte hors titres. Selon Alain Tourdjman, "la perte d’opportunité à détenir des dépôts non rémunérés est faible mais l’inertie sur les dépôts à vue montre aussi un refus d’arbitrer dans un régime de taux si bas".

BPCE l'Epargne : les ménages entre désorientation et réaction face aux taux bas

 

Le retour en grâce du Livret A

Pour le reste des flux, il constate un net report sur la partie longue de la courbe des taux de l’offre : "Le décalage entre cette courbe et les taux de marché a longtemps profité au PEL (Plan d’épargne logement) et à l’assurance vie, le Livret A ayant largement supporté l’effet de rejet des taux bas, comme, dans une moindre mesure, les autres livrets". Mais le Livret A est probablement dans une période de retour en grâce, comme le montre l’amélioration très sensible de la collecte depuis la mi-2016, et confirmée en janvier 2017. Une amélioration qui profite également au LDD et au livret bancaire alors que le PEL, porté depuis 3 ans par sa rémunération élevée, bénéficie moins d’ouvertures nouvelles en début d’année.
 
Assurance vie : chercher une meilleure rémunération via les UC

Autre grand produit qui avait longtemps bénéficié du report, l’assurance vie voit ses excédents annuels baisser de 29 %. Une baisse qui doit être relativisée par deux éléments : 2016 a représenté une des plus belles années pour les cotisations brutes tandis que la montée des prestations a subi le double effet des "transferts Eckert" et de la loi Sapin 2. L’érosion du rendement en euro apparaît cependant problématique et conduit les épargnants à chercher une meilleure valorisation de leurs placements via les Unités de Compte (UC).

En résumé, a conclu Alain Tourdjman, "les placements financiers ont confirmé leur redressement en 2016 et les flux se sont rééquilibrés en faveur des supports bancaires".